Florence Reymond |
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A partir du 8 juillet
Backyards funerals,Galerie Iragui , Moscou.
"Dans sa dernière série, Florence Reymond opère une sorte de friction entre les époques. Le thème des gisants lui permet de réactiver une esthétique médiévale qui ne serait plus que l’ombre d’elle-même. L’absence de contact physique avec la dépouille entretient aujourd’hui une forme de virtualisation de la mort qui s’exprime avec la prolifération de crânes, devenus des signes parmi tant d’autres. C’est avec désinvolture que deux jeunes filles viennent chevaucher le corps du gisant (« Sans Titre», 2008). Les tableaux de gisants réduits à de simples motifs condensent ainsi la « vie et mort de l’image » évoquée par Régis Debray.
Les tableaux de Florence Reymond simulent une fausse naïveté qui peine à occulter la part d’ombre dont ils sont chargés. Si les couleurs acidulées, les détails dessinés à la craie grasse et les découpages cultivent une certaine enfance de l’art, les visages dégoulinants, effacés ou tout simplement évaporés dans les limbes des souvenirs, en appellent à l’inconscient. La surface de la toile semble capter les surgissements de la mémoire, les images qui apparaissent tels des spasmes rétiniens dans une réalité impalpable. En ce sens, les œuvres s’ancrent dans la tradition picturale des surréalistes. Ses visions mêlant des réalités différentes produisent « une vision supérieure » particulièrement grisante. André Breton ne disait-il pas « mélanger conscient et inconscient pour aboutir à une surréalité » ?
Pour l’exposition à la galerie Iragui, Florence Reymond prolonge la tension dramatique des peintures dans une installation de photographies de famille écornées ou biffées. Présentés telles des traces spectrales, les clichés cultivent le rapport qu’entretient le médium photographique avec la mort. L’installation présente la face cachée d’un récit autobiographique qui hante la peinture de l’artiste depuis ses toutes premières toiles. Les personnages y étaient désincarnés, les visages lavés du trop plein de la mémoire."
Alexandra Fau
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4 juin
Les grandes vacances, commissariat Françoise Petrovitch.
Maison d'art Bernard Anthonioz, Nogent-sur-Marne.